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Marchés publics

Groupement d'entreprises marché public : guide 2026

Répondre en groupement d'entreprises à un marché public en 2026 : types de GME, rôle du mandataire, répartition des responsabilités et règles de fonctionnement.

Thomas Lefèvre Mis à jour le 8 mai 2026
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Sommaire de l'article

Le groupement d’entreprises dans les marchés publics

Le groupement d’entreprises marché public permet à plusieurs sociétés de répondre conjointement à un appel d’offres. Cette formule ouvre l’accès à des contrats publics qu’aucune entreprise ne pourrait obtenir seule, en mutualisant les capacités financières, techniques et humaines de chaque membre.

Les règles qui encadrent ces associations sont définies par le Code de la commande publique. Deux formes principales de groupement existent : le groupement conjoint et le groupement solidaire. Chacune implique des responsabilités différentes pour les membres qui s’associent.

Le recours au groupement est particulièrement fréquent dans les marchés de grande ampleur, les marchés allotis à fort volume et les consultations qui exigent des compétences pluridisciplinaires. Pour les PME et les TPE, le groupement est souvent la seule voie d’accès à des marchés dont les exigences dépassent leur capacité individuelle.

L’acheteur public traite le groupement comme un candidat unique. Il évalue l’offre dans sa globalité, en tenant compte des capacités et des références cumulées de l’ensemble des membres. Cette particularité est un avantage : elle permet à chaque membre de compenser ses éventuelles faiblesses par les forces des autres.

Les deux types de groupement d’entreprises

Le groupement conjoint

Dans un groupement conjoint, chaque cotraitant est responsable de l’exécution de sa propre partie du marché. La responsabilité de chaque membre se limite strictement à son périmètre d’intervention défini dans l’acte d’engagement. Cette forme convient aux marchés où les prestations des différents membres sont clairement délimitables.

Le groupement conjoint est la forme la plus courante dans les marchés de services et de travaux allotis. Chaque membre émet ses propres factures et est payé directement par l’acheteur pour sa part. Le mandataire coordonne la réponse commune sans être personnellement responsable des prestations des autres cotraitants, sauf clause contraire dans l’acte d’engagement.

Le groupement solidaire

Dans un groupement solidaire, chaque membre est responsable de l’ensemble du marché, y compris les parties exécutées par les autres cotraitants. Si un membre est défaillant, l’acheteur peut exiger l’exécution de la part manquante auprès de n’importe quel autre membre du groupement.

Cette forme est plus contraignante pour les membres mais offre une garantie plus solide à l’acheteur. Elle est souvent imposée pour les marchés stratégiques ou d’importance budgétaire élevée. Avant de s’engager dans un groupement solidaire, chaque membre doit analyser sérieusement la solidité financière et opérationnelle de ses partenaires.

Le rôle du mandataire dans le groupement

Les missions du mandataire

Le mandataire est le membre du groupement désigné pour représenter l’ensemble des cotraitants vis-à-vis de l’acheteur. Il remet l’offre commune, signe les documents de candidature et gère tous les échanges avec l’acheteur pendant la procédure.

Une fois le marché attribué, le mandataire centralise les notifications et les diffuse aux cotraitants concernés. Il assure la coordination de l’exécution du marché et peut être chargé de la facturation centralisée selon les modalités définies dans la convention de groupement. Son rôle pivot implique une disponibilité et des ressources administratives suffisantes.

Le mandataire est souvent l’entreprise la plus importante du groupement en volume ou en expérience dans la commande publique. Il n’est pas toujours le membre qui réalise la prestation la plus importante, mais il doit avoir la capacité de piloter administrativement l’ensemble du dossier.

La responsabilité du mandataire

Le mandataire assume une responsabilité renforcée dans un groupement solidaire. Dans un groupement conjoint, il est solidaire des autres membres pour les seuls actes de gestion courante, même si sa responsabilité sur les prestations reste limitée à sa propre partie.

En cas de défaillance d’un cotraitant, le mandataire est souvent le premier interlocuteur de l’acheteur pour trouver une solution. Il doit anticiper cette situation dans la convention de groupement et prévoir les mécanismes de substitution internes. Une convention bien rédigée protège le mandataire contre les obligations non prévues initialement.

Constituer un groupement : les étapes

Trouver des partenaires complémentaires

Un groupement efficace repose sur des partenaires dont les compétences sont complémentaires et non redondantes. L’acheteur doit pouvoir identifier l’apport spécifique de chaque membre dans l’offre globale. Un groupement où tous les membres réalisent les mêmes prestations est moins convaincant qu’une association dont chaque membre couvre un périmètre distinct.

Identifiez des partenaires potentiels dans vos réseaux professionnels : syndicats sectoriels, chambres de commerce et d’industrie, associations d’entreprises locales. La confiance mutuelle et une expérience de travail commune sont des critères essentiels dans le choix des partenaires. Un partenaire avec lequel vous avez déjà collaboré présente une garantie de coordination bien supérieure à celle d’une entreprise inconnue.

Vérifiez également que vos partenaires potentiels satisfont les critères de sélection du marché visé : régularité fiscale et sociale, certifications requises, solidité financière. Un groupement dont l’un des membres ne peut pas fournir les pièces de candidature est éliminable, même si les autres membres sont irréprochables.

Formaliser le groupement

La formalisation du groupement passe par la signature d’une convention de groupement avant le dépôt de l’offre. Cette convention définit les droits et obligations de chaque membre, la désignation du mandataire, la répartition des prestations et les règles de gestion des litiges internes entre membres.

La convention de groupement n’est pas transmise à l’acheteur lors du dépôt, mais elle doit être prête avant la remise de l’offre. Elle constitue le fondement juridique du fonctionnement interne du groupement et sera invoquée en cas de conflit. Une convention rédigée avec soin protège chaque membre contre les interprétations divergentes en cours d’exécution.

L’acte de candidature commun (formulaire DC1) mentionne l’ensemble des membres et désigne le mandataire. Chaque membre fournit son propre formulaire DC2 et ses pièces justificatives. La cohérence entre la convention interne et les documents transmis à l’acheteur est essentielle pour éviter tout litige sur la répartition des rôles.

La répartition des responsabilités et des risques

La répartition des responsabilités doit être précisée dans la convention de groupement et dans l’acte d’engagement transmis à l’acheteur. L’acheteur doit savoir quel membre exécute quelle prestation et pour quel montant.

Dans un groupement conjoint, chaque membre s’engage sur son propre périmètre et son propre montant dans l’acte d’engagement. L’acheteur émet des bons de commande distincts selon les parties attribuées à chaque cotraitant. Dans un groupement solidaire, un acte d’engagement unique est signé par tous les membres pour la totalité du marché.

Les risques financiers liés à la défaillance d’un cotraitant doivent être anticipés avant la constitution du groupement. Dans un groupement solidaire, chaque membre peut être tenu de prendre en charge les prestations d’un cotraitant défaillant sans compensation automatique. Une analyse préalable de la solidité financière des partenaires et des mécanismes de récupération internes est indispensable.

Le groupement face aux critères d’attribution

L’acheteur évalue l’offre du groupement dans sa globalité. Les capacités techniques et financières présentées regroupent celles de l’ensemble des membres. Chaque membre contribue à la solidité globale de la candidature par ses propres références, son bilan et ses certifications.

Les références similaires de chaque membre sont valorisées dans le mémoire technique selon leur pertinence par rapport aux critères de sélection. Une référence d’un cotraitant sur une prestation identique à la sienne apporte autant de valeur qu’une référence du mandataire. L’ensemble des membres doit présenter ses références dans une logique de cohérence globale de l’offre. Chaque référence doit être accompagnée, si possible, d’une attestation de bonne exécution signée par l’acheteur concerné, précisant le montant et la nature de la prestation.

Un groupement peut parfois susciter des interrogations chez l’acheteur sur la cohérence interne et la coordination. Pour contrer cette perception, le mémoire technique doit mettre en valeur la complémentarité des membres, la clarté de la répartition des rôles et la qualité des processus de coordination prévus. Un schéma d’organisation clair et une expérience commune passée renforcent la crédibilité du groupement.

Avantages et limites du groupement

Accès à des marchés plus importants. Le principal avantage est l’accès à des contrats dont le montant ou les exigences techniques dépassent la capacité individuelle. Le groupement multiplie les capacités globales présentées à l’acheteur sans nécessiter une fusion ou une restructuration des entreprises.

Mutualisation des références. Les références de chaque membre s’ajoutent pour constituer un portfolio plus étoffé. Une entreprise récente peut s’appuyer sur les références d’un partenaire expérimenté pour accéder à des marchés qui lui seraient autrement fermés.

Complexité organisationnelle. La préparation de l’offre implique plusieurs interlocuteurs qui doivent aligner leurs contributions dans des délais souvent contraints. La communication et la coordination entre membres sont des facteurs critiques de succès ou d’échec dans la réponse en groupement.

Risques de défaillance. Si un cotraitant rencontre des difficultés pendant l’exécution, le groupement doit y faire face collectivement. La défaillance d’un membre peut compromettre l’ensemble du marché et exposer les autres membres à des obligations non anticipées, particulièrement dans un groupement solidaire.

Progression collective. Répondre en groupement est également une opportunité de montée en compétence. Les membres bénéficient de l’expérience de leurs partenaires, découvrent de nouvelles pratiques de réponse et construisent un réseau de confiance durable qui facilite les futures collaborations dans la commande publique.

Se former à la réponse en groupement

Notre guide sur la formation marchés publics recense les programmes spécialisés sur la commande publique, dont certains couvrent la réponse en groupement.

Notre guide sur répondre à un appel d’offre marché public présente les étapes complètes de la réponse depuis l’analyse du DCE jusqu’au dépôt.

Notre guide sur les TPE et PME dans les marchés publics approfondit les stratégies d’accès pour les petites structures, dont le recours au groupement.

Les règles applicables aux groupements d’entreprises sont détaillées dans le Code de la commande publique.

Le ministère de l’Économie publie des guides pratiques sur les marchés publics pour les entreprises.

FAQ

Peut-on modifier la composition d’un groupement après l’attribution ?

En principe, la composition du groupement ne peut pas être modifiée après l’attribution sans accord préalable de l’acheteur. Des exceptions existent en cas de défaillance d’un cotraitant : l’acheteur peut autoriser une modification si l’entreprise défaillante est remplacée par un opérateur qui satisfait les critères de sélection. Cette autorisation doit être demandée formellement et ne peut pas être présumée.

Quel est le nombre maximum d’entreprises dans un groupement ?

Le Code de la commande publique ne fixe pas de nombre maximum d’entreprises dans un groupement. En pratique, certains acheteurs mentionnent dans le règlement de consultation une limite qu’ils jugent raisonnable pour garantir la bonne gestion du marché. Un groupement trop nombreux peut être perçu comme peu cohérent par l’acheteur. L’objectif est de constituer un groupement dont la valeur ajoutée de chaque membre est clairement identifiable et proportionnée à sa part du marché.

Le mandataire peut-il sous-traiter sa propre partie du marché ?

Oui, le mandataire peut sous-traiter une partie de sa propre prestation dans les limites fixées par le marché. La sous-traitance doit être déclarée à l’acheteur et acceptée selon les règles en vigueur. Elle est distincte de l’organisation interne du groupement. Le mandataire reste responsable vis-à-vis de l’acheteur pour la partie qu’il a pris en charge dans l’acte d’engagement, qu’il la réalise lui-même ou via un sous-traitant agréé.

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